Nous serons présents les 25 & 26 mars 2025 au WIS – stand F040 – à l’Arkéa Arena de Bordeaux ! Venez nous rencontrer !

Rencontre avec Sarah, Directrice Adjointe des Ateliers du Bocage 💪

À l’occasion du mois de l’Économie Sociale et Solidaire, on a le plaisir de mettre à l’honneur quelques-uns de nos partenaires liés à cette économie… qui méritent amplement plus de visibilité !

Dernièrement, nous vous présentions UpCycle, le premier producteur français de composteurs électromécaniques ainsi que l’initiative OUAAA! qui cartographie les structures engagées du territoire de l’Aunis.

Aujourd’hui, vous allez (re)découvrir Les Ateliers du Bocage grâce à notre échange avec Sarah 🙏

Interview de Sarah Maisonneuve

 Une partie de l’équipe des Ateliers du Bocage – crédit photo : Ateliers du Bocage

Trizzy : Bonjour Sarah, nous sommes très heureux de pouvoir échanger avec toi ! Pour commencer, peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?

Sarah : Bonjour ! Je m’appelle Sarah Maisonneuve et je suis Directrice Adjointe des Ateliers du Bocage. Je suis en charge des activités de reconditionnement de divers matériels numériques et informatiques (téléphone mobile, tablette, unité centrale, écran, PC, etc.) et de cartouches d’impression.

Le fil rouge de ma carrière a toujours été l’environnement. J’ai pu travailler sur différentes problématiques écologiques dans les secteurs de l’Agriculture, du Bâtiment et de l’Industrie avant d’intégrer les Ateliers du Bocage.

Trizzy : Plus concrètement, quel est ton rôle au sein des Ateliers du Bocage ?

Sarah : Je m’occupe de gérer les équipes du pôle du reconditionnement des matériels numériques. J’ai pour mission de manager et de piloter l’activité du reconditionnement en m’assurant que les objets entrent dans un processus d’économie circulaire. Nous nous engageons ainsi à réduire l’impact environnemental et social de ces produits en leur donnant une seconde vie.

Parmi les équipes que je gère, on retrouve une équipe commerciale qui a pour mission d’aller prospecter les entreprises et les collectivités en vue de récupérer leur ancien matériel informatique usagé. Je supervise également trois équipes de production, qui sont quant à elles chargées de réparer, trier et reconditionner ou démanteler les produits, en fonction de leur état.

Trizzy : Super projets ! Avant de revenir un peu plus en détails sur le reconditionnement, peux-tu nous présenter les Ateliers du Bocage ?

Sarah : Les Ateliers du Bocage sont une coopérative d’utilité sociale et environnementale située dans les Deux-Sèvres, au sud de Nantes. Cela fait plus de 30 ans que cette coopérative existe et nous sommes ravis de compter près de 200 salariés.

Les Ateliers du Bocage sont nés au sein du mouvement Emmaüs en 1992. Nous en partageons pleinement les valeurs et sommes entièrement investis dans ses engagements. Ainsi, nous expérimentons ensemble une grande diversité de projets grâce au large réseau d’acteurs du mouvement.

 Usine des Ateliers du Bocage – crédit photo : Ateliers du Bocage

Trizzy : Qu’entends-tu par “coopérative d’utilité sociale et environnementale” ?

Sarah : Si nous prenons l’exemple des Ateliers du Bocage, nous sommes acteurs à la fois du social et de l’environnement. Nous sommes acteurs de toutes les transitions actuelles :

  • la transition sociale, avec nos dispositifs d’insertion ;
  • la transition environnementale, avec notre investissement dans l’économie circulaire ;
  • la transition numérique, en menant des actions liées à ce volet.

De plus, nous ne sommes pas une société avec une économie classique. Notre statut de coopérative nous permet en effet de distribuer nos profits, soit à nos salariés soit en interne pour développer les Ateliers du Bocage. Grâce à ces bénéfices, nous pouvons recruter plus de personnes par exemple.

Trizzy : Quel est votre principal objectif chez les Ateliers du Bocage ?

Sarah : Notre objectif premier est avant tout social. Nous créons des emplois grâce à nos différentes activités pour accompagner les citoyens en difficulté. Nous les aidons à entrer et rester durablement dans l’emploi.

Au sein de la coopérative, nous avons un volet humain très fort. Grâce à un dispositif qui est l’Insertion, nous accompagnons les personnes précaires comme les chômeurs de longue durée à s’insérer dans le monde du travail. Nous aidons également les personnes handicapées grâce à un second dispositif qui se nomme l’Entreprise Adaptée.

Trizzy : En quoi consiste votre dispositif d’Insertion ?

Sarah : Au sein du dispositif d’Insertion, les personnes sont embauchées chez nous en CDD pour une période minimale de 3 mois et jusqu’à une période maximale de 2 ans. Pendant cette période, les individus ont non seulement un emploi stable et un salaire mais ils évoluent également dans un cadre bienveillant.

Nous proposons à ces personnes tout un accompagnement individuel pour les aider à retrouver le goût du travail mais aussi à se réadapter aux standards de l’emploi, comme arriver à l’heure par exemple. Il faut que ces personnes aient la volonté de travailler et nous les accompagnons vers des activités qui leurs correspondent tout en proposant un cadre de travail conciliant.

 Entretien des espaces verts par des membres du dispositif d’Insertion – crédit photo : Ateliers du Bocage

Trizzy : Quels types d’actions faites-vous dans le cadre de votre accompagnement individuel ? As-tu quelques exemples ?

Sarah : Nous identifions avec chaque personne leurs freins et leurs problématiques pour les vaincre ensemble. Nous développons tout un programme d’accompagnement qui leur permet d’évoluer dans de bonnes conditions. Nous les aidons par exemple à trouver un logement, refaire leur CV ou encore les former à la langue française. Nous leur donnons toutes les clés en main pour qu’ils puissent avoir confiance en eux et se tourner vers un projet professionnel qui leur plaît.

Ces derniers mois, nous avons pris en charge plusieurs migrants qui ont fui leurs pays pour toutes les circonstances géopolitiques qu’on connaît. Ces personnes ont de réelles compétences et une envie de travailler forte mais ils ont souvent des freins pour être embauchés (absence de logement fixe, difficultés à s’exprimer en français…). Nous les accompagnons ainsi à avoir les bagages nécessaires pour trouver un travail.

Trizzy : On admire votre engagement ! Ce dispositif d’Insertion est-il adapté à tous types de profils ?

Sarah : Notre dispositif d’Insertion ne convient pas à tous les profils. Nous avons donc créé une Association d’Insertion pour accompagner les personnes qui sont vraiment éloignées de l’emploi. Les Chantiers Peupins permettent ainsi de soutenir les personnes qui en ont le plus besoin, comme celles avec des addictions sévères par exemple.

 Les Chantiers Peupins – crédit photo : Ateliers du Bocage

Trizzy : Quelles activités professionnelles proposez-vous pour donner de l’emploi à près de 200 personnes ?

Sarah : Pour mener à bien notre projet social, le dispositif d’Insertion se base sur une diversité d’activités. Nous avons des activités dans l’entretien d’espaces verts naturels, la fabrication de palettes dans le milieu de la menuiserie industrielle, la collecte et la revente de livres d’occasion ou encore dans le reconditionnement.

Nous essayons de toucher un public large grâce à une gamme diversifiée d’activités. La fabrication des palettes va s’adresser aux entreprises par exemple alors que la vente de nos produits reconditionnés peut être destinée aux particuliers.

À travers nos différentes actions professionnelles, nous créons des emplois tout en nous engageant pour l’environnement. Nous avons par exemple une base de 300 000 livres d’occasion collectés qui ont été remis en vente par nos soins. Concernant l’activité des palettes, nous menons une action avec les menuiseries locales pour récupérer les palettes usagées afin de les remettre en état et de leur donner une seconde vie. Ce sont des processus de réemploi qui nous permettent de nous inscrire dans une démarche écologique et sociale impactante.

Trizzy : À propos du reconditionnement, quelle est votre démarche ?

Sarah : Nous collectons divers objets connectés et des cartouches d’impression vides auprès d’entreprises, de collectivités et d’associations. Nous avons également des partenariats qui nous permettent de récupérer les téléphones mobiles qui ne servent plus auprès de particuliers.

Après avoir collecté ces matériels, nous effectuons un tri et nous reconditionnons ce qui peut être remis sur le marché. Ce qui n’est pas réutilisable est envoyé vers des recycleurs qui s’occupent de démanteler les matériels pour récupérer des matières intéressantes à retransformer.

De notre côté, nous effectuons plusieurs actions pour reconditionner le matériel avec en premier lieu l’effacement systématique des données de l’ancien.ne utilisateur.rice, puis nous vérifions s’il est fonctionnel (phase de diagnostic) avant de potentiellement le réparer (mise à niveau, changement de pièces, etc.).

En tant qu’acteur du réemploi, notre rôle est de donner une seconde vie à un maximum de matériels pour qu’ils puissent être réutilisés. Grâce au pôle du reconditionnement, nous créons des postes pour accompagner les personnes en Insertion à remettre un pied dans le monde du travail.

Trizzy : Tu mentionnes des partenariats pour récupérer d’anciens téléphones portables. Organisez-vous souvent ce type d’action pour collecter du matériel ?

Sarah : Nous faisons régulièrement des partenariats pour mener des projets positifs ! Notre action phare du moment se nomme l’Encroyable Collecte. Ce projet est au cœur de toutes nos problématiques sociales et environnementales et est mené en partenariat avec HP France !

Le principe est de proposer aux écoles et collèges de collecter les cartouches d’encres des élèves et leur famille dans des boites que nous leur transmettons. Nous sommes partis du constat que plus de 80% des cartouches d’encre étaient jetées à la poubelle alors qu’elles pouvaient être réemployées ou recyclées. Il y a une belle marge de progression mais, c’est aussi très facile d’agir.

Lorsque la box fournie à l’établissement est pleine, elle est envoyée aux Ateliers du Bocage. Nous nous occupons de trier et nettoyer les cartouches puis HP (soit la majeure partie des cartouches régulièrement collectées) en récupère pour en fabriquer de nouvelles ; les autres marques repartant dans notre processus habituel de réemploi ou recyclage. L’Encroyable Collecte permet de donner une seconde vie aux cartouches tout en sensibilisant les jeunes à l’importance du tri et en créant une nouvelle fois des emplois chez nous.

Pour chaque boîte pleine envoyée, nous versons 25 euros à l’école pour ses projets scolaires. Enfin, rappelons qu’une cartouche collectée = une cartouche de moins dans la nature et des ressources naturelles préservées !

Trizzy : Génial ! As-tu d’autres projets similaires à nous partager ?

Sarah : Bien sûr ! Nous travaillons par exemple depuis 3/4 ans avec la BNP Paribas sur la fourniture de matériel solidaire et informatique pour des associations.

Nous collaborons également avec Orange sur un projet qui se passe en Afrique. Nous sommes partis du constat que peu de dispositifs de recyclage du matériel numérique étaient présents sur ce continent. Les téléphones portables finissent facilement dans la nature ou incinérés. Avec Orange, nous nous sommes alors engagés à récupérer des téléphones en fin de vie en Afrique pour les acheminer en France et les recycler dans de meilleures conditions.

 Reconditionnement d’un téléphone mobile – crédit photo : Ateliers du Bocage

Trizzy : Très sympa ! Où peut-on retrouver le matériel reconditionné que vous proposez par exemple ?

Sarah : Après avoir remis en état les objets, nous les vendons auprès de différents publics (entreprises, associations, particuliers) sur différents canaux :

  1. Dans nos 4 boutiques physiques qui proposent le matériel reconditionné à des particuliers
  2. Sur nos différents sites internet comme Label Emmaüs ou des places de marché comme BackMarket.
  3. Sur la place de marché Emmaüs qui propose du matériel de seconde main
  4. Sur devis pour des associations ou des entreprises qui souhaitent une plus grande quantité de matériel
  5. Ou alors via notre programme d’accompagnement Solidatech

Trizzy : Qu’est-ce que le programme d’accompagnement Solidatech ?

Sarah : Dans cette volonté d’être acteur de l’inclusion numérique pour le secteur associatif, nous avons développé un programme d’accompagnement qui se nomme Solidatech. À travers ce dispositif, nous vendons des logiciels à bas coût, des programmes personnalisés comme des formations au numérique mais aussi du matériel reconditionné. Un bagage complet pour permettre aux associations d’être à la pointe du numérique, un domaine désormais indispensable !

 Programme d’accompagnement Solidatech – crédit photo : Ateliers du Bocage

Trizzy : Votre activité a de forts enjeux sociaux et environnementaux. Les Ateliers du Bocage sont-ils labellisés et/ou certifiés ?

Sarah : Nous sommes certifiés Service France Garantie sur notre service après-vente. C’est une manière pour nous de mettre en avant nos services (commercialisation, production…) 100% français.

C’est une vraie valeur ajoutée pour nous différencier des modèles économiques des reconditionneurs traditionnels. Nos matériels ne font pas 4 fois le tour du monde pour arriver dans les mains du client ! Ils sont sourcés et reconditionnés en France puis essentiellement vendus sur le territoire.

 Tri de cartouches d’encre vides – crédit photo : Ateliers du bocage

Trizzy : Quels sont vos enjeux en ce moment chez les Ateliers du Bocage ?

Sarah : Nous avons un grand enjeu au niveau de la professionnalisation. Il y a 15 ans, le monde du déchet n’était pas aussi concurrentiel qu’aujourd’hui. Il était majoritairement porté par des entreprises de l’économie sociale et solidaire comme les Ateliers du Bocage. De nos jours, le déchet est devenu une mine financière et les entreprises privées s’en sont emparées.

Nous avons alors comme mission de continuer à nous professionnaliser au maximum Cela passe en grande partie par la communication. Nous sommes une coopérative avec une vraie utilité qui touche l’emploi local, l’insertion sociale et l’environnement. Seulement, nous perfectionnons notre communication pour être à la hauteur des belles actions que l’on entreprend.

 L’un des 3 sites d’activités des Ateliers du Bocage – crédit photo : Ateliers du Bocage

Trizzy : On vous souhaite d’être connus par tous et toutes !
Avant de terminer, quels conseils donnerais-tu à un citoyen qui souhaiterait adopter un mode de vie plus responsable ?

Sarah : Je pense qu’il y a un réel enjeu autour de la sobriété ! Nous devons tout d’abord nous questionner sur la façon dont on consomme pour comprendre ce qu’il y a à changer.
Pour consommer plus durablement, de nombreuses alternatives émergent comme la seconde main ou le reconditionnement. Ce sont des initiatives avec un réel avenir, qui méritent que l’on s’y attarde !

Nous vivons depuis les années 50 une période qui a fortement asséchée les ressources de la planète. Nous ne pouvons plus sur-consommer comme on l’a fait ces dernières années. Il faut que chacun participe à son échelle pour remettre en question son mode de vie et ainsi le changer.

Trizzy : Pour finir, as-tu une initiative que tu apprécies particulièrement et que tu souhaiterais nous partager ?

Sarah : Tout à fait ! J’ai découvert dernièrement le projet de La Cravate Solidaire. C’est une structure qui aide les personnes à passer des entretiens d’embauche. Ils vont accompagner les individus tant sur le côté de l’apparence physique que sur la présentation orale. Ils fournissent par exemple des costumes (avec cravate, d’où le nom « La Cravate Solidaire » !) pour que les personnes puissent être habillées convenablement lors d’entretiens. Ils travaillent aussi sur la manière de se présenter, la création de CV ou encore sur la façon de parler. Un beau projet qui aide les personnes en difficulté à trouver du travail et reprendre confiance en eux !

Trizzy : Merci beaucoup Sarah pour le temps que tu nous as consacré !

👉 On vous invite à suivre le Linkedin et le Facebook des Ateliers du Bocage ! 

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